Capitales et cités anciennes ont fleuri autour et alentour du Gange et de ses affluents pour notre plus grand plaisir. Un immense réseau de rivières rejoint le Gange, les plus importantes étant la Yamuna et la Gomti, et traverse des paysages très différents avant de se jeter dans le Golfe du Bengale. Elément nourricier de la civilisation indienne à la fois physiquement et spirituellement, le fleuve a toujours eu une place prédominante dans les mythes, les rites et les aspirations de la population.
Ce périple nous conduit de Delhi à Gwalior en passant par Lucknow, Allahabad, Bénarès, Chitrakut, Khajuraho, Chanderi et Orchha.
Lucknow, située sur les rives de la Gomti, fut la capitale des Nababs, princes dilettantes, qui vécurent pour l’art et la poésie au 18e siècle. Mosquées, mausolées, palais dont ils couvrirent la ville sont les preuves tangibles qui témoignent du faste de ces princes esthètes. Allahabad et son fort construit par Akbar au confluent du Gange et de la Yamuna, est un des lieux les plus saints de l’hindouisme. Tous les douze ans, plusieurs millions d’hindous, venus de tout le pays, se rassemblent à Tribeni Ghât pour s’y baigner. Bénarès, une des plus anciennes villes du monde, est la ville de l’espérance. « La Ganga » (tous les fleuves sont féminins) est descendue du ciel grâce à Brahma et Shiva pour redonner la vie à la terre desséchée et pour la purifier. Elle est « le Ciel sur la Terre » et s’y baigner, c’est vraiment prendre un bain dans le ciel. Mourir sur ses rives est la plus grande félicité qu’un hindou puisse connaître. Déjà ville sainte (Kashi) au temps de Bouddha, elle fut très tôt un centre commercial important grâce à sa position au bord du fleuve. Chitrakut, ville sainte d’une grande ferveur religieuse, encore peu visitée, est à Rama ce que Bénarès est à Shiva. Khajuraho, capitale des Chandella depuis le 7e siècle, connut trois siècles de gloire. Des temples aux proportions parfaites marquent l’un des sommets de l’architecture hindoue. Orchha, cité abandonnée, fut la capitale des Bundella, chefs rajpoutes au 17e siècle. Elle s’étend paresseusement sur les rives de la Betwa. Ici le temps s’est arrêté. Chanderi et ses vestiges de palais, de bazars, de caravansérails qui témoignent d’un passé glorieux. Gwalior, elle, appartient tout entière à la Saga de la chevalerie Rajpoute, par sa citadelle défendue par de formidables murailles, « la perle de l’Hindoustan », et par ses somptueux palais. Toutes ces villes ou anciennes cités sont d’une grande richesse humaine et culturelle et nous font approcher l’Inde et ses populations dans leur immense variété.
Dans l’esprit de découverte qui nous anime, hors des routes touristiques, nous avons choisi de rendre notre approche de l’Inde plus intime par une descente du Gange à bord de petits bateaux pendant deux jours, de Mirzapur à Bénarès. Les berges du Gange, imprégnées de spiritualité, sont des lieux de pèlerinage depuis la nuit des temps. Arrivée en bateau sur le premier ghât de la ville la plus sacrée de l’Inde est une expérience émouvante.
Les points forts
• Allahabad, ville moghole ; Lucknow, ville des nababs ; Chitrakut, ville sainte où nous cotoyons de nombreux pélerins et sâdhus
• Descente du Gange en bateau
• Les forts de Chunar, Ramnagar, Chanderi et Gwalior
• Les cénotaphes d Orchha au bord de la rivière Betwa
. Le magnifique Taj Mahal